Espace abonné
Mon panier
 

Toutes les actualités Hygiène, Propreté, Nettoyage, Multiservice et déchets

 

3 questions à…Philippe Jouanny, président de la FEP


Publié le 1 avr. 2020 09:18:08

 

Deux semaines après le début du confinement, est-il possible de mesurer l’impact de cette crise sanitaire majeure sur les entreprises de propreté, d’un point de vue humain et économique?

Plusieurs impacts de la crise sanitaire du COVID-19 sont d’ores et déjà perceptibles pour nos entreprises et salariés de la propreté, dont je veux saluer le dévouement remarquable et la grande disponibilité au service de cette profession utile à tous et de cette lutte nationale. Cette mission civique de salubrité, ce combat contre cette pandémie animent ces acteurs économiques, souvent relayés au second plan mais aujourd’hui en première ligne face à la propagation du COVID-19.

Il y a d’abord les impacts directs et perceptibles qui représente une perte d’activité d’en moyenne 60% pour nos entreprises. Nous avons lancé d’ailleurs une enquête pour mieux connaitre l’impact. Si les entreprises enregistrent une perte d’activité, elles sont en même temps sollicitées sur de la désinfection et de décontamination. Mais ces travaux exceptionnels ne combleront pas la chute globale de l’activité.

L’enjeu de la protection des salariés constitue pour nos entreprises la première préoccupation. Nous avons à ce titre adressé une lettre au Premier ministre, Edouard Philippe, et une lettre ouverte pour l’alerter sur la nécessité pour nos entreprises de disposer des protections nécessaires quand elles interviennent sur les sites de santé en particulier (masques, sur-blouses etc). Soyons honnêtes et pragmatiques. Cette crise va laisser des traces, je peux le constater lors de mes échanges quotidiens avec les chefs d’entreprises partout sur le territoire. Perte de chiffre d’affaires, chômage partiel, impact direct sur la trésorerie des entreprises, perte de marchés etc,. La reprise d’activité sera difficile et je peux les assurer que la FEP sera, comme toujours à leurs côtés. 

De nombreuses entreprises sont en première ligne et leurs équipes totalement engagées, pensez-vous qu’elles manquent encore de reconnaissance de la part des Pouvoirs publics notamment?

Nos métiers sont souvent qualifiés de métiers de l’ombre. Force est de constater qu’aujourd’hui cette crise sanitaire a le mérite de placer nos salariés en lumière, de constater combien ce métier est indispensable et qu’il doit monter en gamme commercialement. La santé, la qualité de vie au travail, c’est aussi nous. La FEP a toujours souhaité préserver le lien de confiance avec les Pouvoirs publics et en particulier les ministères régaliens auprès desquels nous exerçons un travail d’information et d’influence de tous instants. Faire reconnaitre nos métiers à leur juste valeur et à la juste place dans notre société constitue d’ailleurs l’ambition de ma présidence comme celles de mes prédécesseurs. J’ose croire que cette terrible crise fera évoluer le regard sur nos métiers, nos entreprises, nos salariés, indispensables partout.

Quel est le message que vous souhaitez faire passer aux entreprises de propreté et à leurs agents à ce stade de la crise sans précédent que nous traversons?

Avant tout leur rendre hommage. Cette crise vient bouleverser considérablement notre secteur. Nous observons de la solidarité entre chefs d’entreprise et salariés pour surmonter cette période qui, à l’heure où je vous parle, est loin d’être terminée. J’invite, si ce n’est déjà fait, tous les chefs d’entreprise qui s’interrogent sur cette crise à consulter notre boite à outil spécialement créée pour la crise du COVID-19 et dans laquelle ils trouveront tout ou partie des réponses économiques, sociales et juridiques. Je les invite aussi à se fédérer, à nous rejoindre pour en bénéficier, mais aussi pour être, ensemble, encore plus forts. Les différents services de la FEP sont pleinement mobilisés depuis le début de cette crises exceptionnelle et le resteront pour accompagner les entreprises de propreté jusqu’au retour à la normale, que nous espérons le plus rapide.  Je tiens à remercier tous les chefs d’entreprise, les agents, chefs d’équipes, encadrants des entreprises de propreté ; tous ces héros du quotidien qui travaillent aujourd’hui comme demain à l’entretien et l’hygiène des espaces de travail, de vie et de santé et par leurs actions au confort et bien-être de chacun.

 

En 1ère ligne les entreprises de propreté doivent gérer l'urgence dans le respect absolu de la sécurité.

« La seule chose dont nous sommes certains c'est d'être sûrs de rien ! Ce que nous disons ou mettons en place aujourd'hui sera peut-être dépassé ou caduc demain ou dans quelques heures. Il en va de même pour les mesures de soutien aux entreprises. Notre activité est-elle essentielle ? Pour un nombre non négligeable de nos client elle l'est ! » confesse désorienté le patron d'une entreprise de propreté quelques jours après l'explosion de la pandémie en France.

Sécurité absolue et continuité de service

« Les conditions de travail sont forcément plus compliquées et je constate que nos agents font preuve d'un réel courage dans cette situation. Nous réorganisons les priorités. La sécurité de nos agents est essentielle, notamment dans les transports ou les hôpitaux où nous sommes très présents. Je pense notamment aux équipes qui travaillent à la Pitié, ou à l'hôpital Georges Pompidou dans des chambres de malades du Covid-19. Le stress est énorme et nous avons besoin de les rassurer, en leur donnant notamment tous les moyens de travailler en sécurité » insiste Catherine Chalvin, présidente du groupe Challancin.

Décontamination et désinfection

« Le rôle de nos agents est essentiel dans un contexte aussi anxiogène. Nous avons la chance de disposer -grâce notamment à la direction de l'innovation et de la performance, créée il y à quelques mois- de 3 protocoles spécifiques pour la décontamination et la désinfection sur lesquels nos agents peuvent s'appuyer. Cette expertise permet d'assurer des prestations en toute sécurité mais également de rassurer nos clients. Aujourd'hui 120 salariés du groupe peuvent travailler depuis leur domicile.Par ailleurs, tous les jours nous réunissons à 16 heures un comité d'urgence qui réunit l'ensemble des directeurs de filiales et chacune des directions de l'entreprise. Cette organisation nous permet de prendre des décisions au jour le jour » abonde pour sa part Benjamin Le Thiez, directeur innovation et performance du groupe Essi.

Rassurer les clients

« Au-delà de leur expertise qui est vitale en termes de désinfection et décontamination, nos équipes ont aussi un rôle d'accompagnement quasiment psychologique à jouer pour rassurer les clients. Pour cela il faut bien évidemment qu'elles travaillent en sécurité. Lorsque nos agents interviennent dans des bureaux ou des bâtiments vides ils n'ont pas besoin de masques, ce qui n'est bien entendu pas le cas dans les hôpitaux ou les hypermarchés par exemple » analyse Jean-Philippe Daull, Pdg du groupe normand Candor.

Au-delà de cet engagement sans réserve pour assurer la continuité de service, les dirigeants s'interrogent sur la mise en place des mesures d'accompagnement et de soutien aux entreprises instaurées par le Gouvernement. « Nous arrivons à la fin du mois et je suis très inquiète. Que va-t-il se passer pour mes salariés qui ont pris les 14 jours de congés maladie quand seront-ils payés ? Comment vont-ils payer leur loyer ? » s'interroge Catherine Chalvin.

« L'Etat a mis en place des mesures nous permettant de sécuriser au moins à court terme, nos trésorerie (charges sociales, impôts, prêts...) mais nous vivons un grand flou artistique sur la question du chômage partiel. D'un jour à l'autre les annonces sont différentes, et il nous faudra être très vigilants sur la constitution des dossiers. L'Etat va rapidement mesurer le coût de la situation, il nous faudra donner des preuves de l'arrêt d'activité. Tous nos clients ne ferment pas totalement les sites et la situation évolue d'heure en heure parfois. Ce sera très compliqué... » s'inquiète Jean-Philippe Daull, également représentant de la Fep et du Medef.

Lettre ouverte de la Fep

Philippe Jouanny, président de la Fep, s'est de son côté exprimé sous forme d'une lettre ouverte pour rappeler que « les entreprises de propreté sont un maillon essentiel de la lutte contre le coronavirus par leurs interventions dans les sites encore en activité et en particulier ceux sensibles et stratégiques comme les hôpitaux, dans les centres commerciaux, certaines écoles, les transports publics, les immeubles d’habitation et la gestion des déchets, les industries agroalimentaires etc. ». La fédération professionnelle demande également que les entreprises de propreté « puissent être incluses dans les métiers dits essentiels au maintien de la salubrité civique et pouvoir ainsi bénéficier des équipements et des moyens de transport en priorité. Il est impératif que ces professionnels de l’hygiène et de la désinfection puissent poursuivre leurs activités indispensables à court et moyen termes dans les conditions optimales de protection des agents de service de propreté. »

Le point de vue du professionnel

Paul Larroche, acheteur, groupe ESSI

« Les stocks tampon que nous avons constitué, sur notre plateforme parisienne nous permettent encore de faire face à la demande, notamment en solutions hydroalcooliques et EPI des équipes sur le terrain et des différentes filiales. Comme pour toutes les entreprises l'activité est tributaire des flux logistiques, il est difficile de garantir le moment d'arrivée des envois sur nos différents sites, c'est pour cette raison que nous assurons une permanence logistique un jour sur deux de 6 h à 22 heures. Nous devons également penser à la sortie de crise et à la demande en désinfection et décontamination qui sera très forte à ce moment là. »

A lire également :

Covid 19 fait monter la température des professionnels

Les professionnels de l'hygiène premiers remparts du Covid-19

Le mauvais procès fait aux gels hydroalcooliques

 

Les responsables des principaux réseaux de distribution co-signent une lettre ouverte pour rappeler le caractère essentiel de leur activité.

A l'initiative de Philippe Scemama, dirigeant de Adelya et de GEH, les présidents et dirigeants des principaux groupes et groupements de distributeurs de produits et solutions d'hygiène ont co-signé une lettre ouverte au Gouvernement et aux instances sanitaires pour rappeler l'importance de leurs métiers, l'engagement total de leurs équipes aux côtés des professionnels de la santé, mais également demander à ce quel leur activité soit considérée comme essentielle dans la guerre engagée contre le Covid-19. Une première pour le monde de la distribution (plus de 1,5 Milliard d'euros de CA et plus de 5 000 salariés) qui ne dispose pas à ce jour de fédération ou de syndicat pour représenter les entreprises de toutes tailles du secteur.

Les premiers signataires sont:

A télécharger sur notre pageLinkedin

 

 

 

Le salon mondial du secteur hygiène et nettoyage se tiendra début novembre à Amsterdam.

Comme annoncé initialement par les organisateurs une nouvelle date a été fixée pour la tenue du prochain salon Interclean qui devait se tenir initialement au mois de mai. Exposants et visiteurs venus du monde entier sont attendus du 3 au 6 novembre prochain aux Pays-bas. Une date compliquée à fixer : « Compte tenu du report de nombreux salons professionnels au second semestre 2020, nous sommes très heureux du fait que RAI Amsterdam ait réussi à obtenir les meilleures dates possibles pour le salon Interclean 2020. Trouver ces dates ne dépendait pas seulement de la disponibilité du complexe d'exposition mais aussi des établissements hôteliers nécessaires pour l’organisation d’un événement international tel qu’Interclean » a précisé Rob den Hertog, directeur du salon Interclean.

Compte tenu de ce changement de date le dossier spécial Interclean, initialement prévu dans le numéro de mai-juin (N°328) de Bâtiment Entretien est reporté au numéro de novembre-décembre 2020 (N°331).

Report de SanteExpo

Les salons de la santé, programmés également au mois de mai, à Paris, ont eux aussi été reporté à l'automne. Ce rendez-vous se tiendra du 7 au 9 octobre 2020, dans le hall 1# du parc des expositions de la porte de Versailles à Paris.

A lire également :

 

Le groupe Onet est désormais prestataire de 3 des 4 caisses régionales du Crédit agricole dans le Sud-Ouest.

Onet Propreté et Services, qui avait déjà le monopole des agences de la caisse régionale Midi-Pyrénées du Crédit agricole depuis une quinzaine d'années, vient d'ajouter 373 nouvelles agences de 5 départements du Sud-Ouest (Gers, Gironde, haute-Garonne, Landes, Lot-et-Garonne) pour une durée de 3 ans.  a remporté région Sud-Ouest remporte deux marchés d’un total de 373 agences Crédit Agricole dans les départements du Gers, de la Gironde, de la Haute Garonne, des Landes et du Lot et Garonne. Onet Propreté et Services intervient également sur quatre sièges régionaux de Toulouse, Bordeaux, Agen et Aire sur l’Adour.

« Pour répondre à cet important marché pour la région et stratégique pour le groupe, une « tour de contrôle de pilotage »  dédiée au Crédit agricole a été mise en place avec un interlocuteur dédié. Cette réussite permet au groupe Onet de poursuivre ce partenariat historique avec le Crédit agricole » se félicite le groupe marseillais.

A lire également :