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Hygiène et désinfection. Gels, masques...Où en est le « Made in France » ?


Publié le 28 avr. 2021 13:11:00

 

Si la relocalisation de certaines productions s'est faite avec succès, le contexte sanitaire a permis également des abus sur le marché très convoité de l'hygiène.

Il y a quelques mois le groupe Michelin se lançait dans la production de masques pour  l'ensemble de ses salariés. Objectif : entre 1,5 M et 2,7 M de masques chirurgicaux  et entre 50 000 et 100 000 masques FFP2 par mois. L'atelier de la Combaude, - qui emploie une trentaine de salariés dédiés à cette production-  a bénéficié d'un investissement de 3,5 M€ qui a notamment permis l'achat de machines de dernières générations produites par une Pme ligérienne, et la création d'une salle propre de niveau 9. En quelques semaines la production va trouver sa vitesse de croisière, comme le note notre confrère La Montagne, en évoquant un rythme de 4 millions de masques par mois (1 million de FFP2, 3 millions de chirurgicaux) destinés à être vendus aux particuliers ( 11,50€/ 50 masques via la boutique en ligne) ou aux entreprises.

En Bretagne ce sont 5 usines qui se sont sorties de terre en un an, et produisent aujourd'hui 26 millions de masques par an en attendant de multiplier par deux leur production et leurs effectifs pour certaines d'entres elles, voire de produire le Meltblown, le textile filtrant indispensable à la fabrication des masques. Derrière cette ré-industrialisation que les Pouvoirs publics ont appelés de leurs vœux les dirigeants regrettent toutefois le double discours de l'Etat qui dans le même temps continue à privilégier les masques chinois dans 80% de ses appels d'offres publics, principalement pour des critères économiques !

En matière de solutions désinfectantes et de gels hydroalcooliques les industriels français ont eux aussi montré leur capacité à adapter leur outil mais également à investir pour répondre à une demande qui a explosé et continue de se maintenir à un niveau important. Des fabricants qui disposent déjà d'un savoir-faire industriel  important, mais aussi et surtout de structures R&D et d'une expertise en matière de réglementation. Pour ne citer que quelques exemples, le groupe Orapi prévoit d'investir 6 M€ dans des lignes de productions dédiées d'ici 2025, MP Hygiene a été un des plus gros producteur de gel durant la crise  (80 000 l/jour) et l'entreprise corrézienne Eyrein a adapté son organisation (24/24 h) et multiplié par 20 sa production de gel au plus fort de la crise.

Un contexte qui a favorisé la fraude

Inévitablement cette mobilisation exceptionnelle des acteurs de l'hygiène et la désinfection a eu un effet d'aubaine pour tous les opportunistes et escrocs de tous poils qui ont  flairé les bonnes affaires. Dans le bilan annuel présenté le 22 avril dernier,  la Direction générale de la concurrence de la consommation et de la répression des fraudes (Dgccrf) a mis l'accent sur l'augmentation des contrôles réalisés auprès des sites de vente en ligne (+38%) mais également au sein de 40 000 établissements pour s'assurer de la conformité et du respect des prix de vente des gels et masques. Dans près de 10% des cas des anomalies ou des fraudes ont pu être constatées.

Plusieurs affaires ont nourri la rubrique faits-divers de nos quotidiens. Parmi les plus significatifs le cas de cette entreprise de Châteauroux, employant une dizaine de salariés chargés de reconditionner des masques chinois non conformes dans des conditionnements « made in France ». Soit l'équivalent de 9 semi-remorques et 3 containers entre septembre 2020 et février 2021 ! Emblématique également le cas de ce gérant de laboratoire condamné à 6 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay (43) pour avoir commercialisé du gel hydro-alcoolique d'une teneur de 35% en éthanol. Le formulateur indélicat a fait appel du jugement.

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