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Produits et matériels de nettoyage. Brexit, où en sont les pros de l'hygiène et du nettoyage ?


Publié le 23 oct. 2019 14:48:00

 

Alors que le flou est  toujours de mise sur la forme que prendra le Brexit, nous avons voulu savoir comment les industriels français du secteur s'y préparaient.

Une récente étude réalisée par Bercy montre que 54% des PME ayant des échanges commerciaux avec le Royaume-Uni n'ont pas examiné l'impact du Brexit. Quelques jours avant la date butoir du 31 octobre le fog s'épaississait encore sur la nature du Brexit à venir. « Dure » ou « négociée » nous avons sondé quelques fabricants de matériels et d'équipements pour connaître l'incidence de cette sortie du Royaume-Uni sur leurs affaires, et de quelle façon ils se préparaient à cette échéance.

Sur-stocks pour voir venir

D'une façon générale – même notre échantillon « hygiène et propreté » n'est pas vraiment représentatif – le sentiment de distance avec le sujet semble rejoindre les conclusions de l'enquête diligentée par Bercy. Un certain nombre de fabricants, importateurs, ou exportateurs, ne semblent pas vraiment inquiets, voire concernés, par le divorce qui se joue d'un côté et de l'autre du Channel. Toutefois les entreprises importatrices de produits et  machines « made in Britain » évoquent-elles des stocks constitués au cours de derniers mois « pour anticiper un Brexit dur et voir comment les choses vont évoluer ».

Les filiales hexagonales des entreprises britanniques ont quant à elles une vision plus précise et prospective de la situation. C'est le cas par exemple de Numatic France qui a déjà anticipé la partie logistique avec un surstock de +15% (17 M€ de stock en France soit plus de 10% du CA) afin de compenser l’attente éventuelle des camions à Calais.

Diversification des approvisionnements

« Sachant que nos stocks et nos process d’achats sont calibrés sur des rotations à j-8 semaines, nous sommes donc prêts sur cet aspect. Concernant l’aspect financier à savoir les taxes douanières éventuelles, nous attendons les éléments précis et définitifs avant de pouvoir réagir. Quoi qu’il en soit, même si une sortie sans accord du Royaume-Uni constituerait une difficulté supplémentaire à gérer, ceci ne remettrait pas en cause la pérennité même de notre filiale. En effet, nous avons déjà diversifié nos achats en Europe (Italie essentiellement) à hauteur de 15%. La solidité financière de la filiale France nous permet sans difficulté majeure de faire face à ce genre de situation, pour rappel, nos capitaux propres 2018 s’élèvent à 4,4 M€ .Nous serions donc contrariés d’une sortie du Royaume-Uni sans accord, mais pas inquiets » détaille les responsables de Numatic France.

 

Franck Thomas, dirigeant Brosserie Thomas 

« Même si nous avons un faible courant d’affaires export / import avec la Grande-Bretagne, l’incertitude sur le Brexit  nous a imposé de sur-stocker en import, alors que les flux en export ont beaucoup fluctué ( surs-tockage de la part de nos clients anglais, puis plus rien et à nouveau commande …). Le cours de la livre et son évolution, encore inconnue mais plutôt orientée à la baisse, nous pose un problème pour avoir des relations de partenariat. Nous évoluons sur du coup par coup . Sans parler des lourdeurs administratives - délais de livraison, mais également normes si les Anglais se tournent plus vers les Etats-Unis - qui nous feront revenir de nombreuses années en arrière si un  Brexit dur devait s'imposer! Il est donc impossible de nouer de véritables partenariats. Nous sommes dans une situation d’attente et devons travailler au au coup par coup. Autant dire que nos flux diminuent ! 

 

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