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Sanitaires publics

Nouveau conflit social entre 2theloo et les “dames pipi”


Publié le 4 sept. 2015 14:58:00

 

Après les différents conflits observés il y a quelques mois dans les gares SNCF, la Mairie de Paris est confrontée depuis cet été à un refus de reprise du personnel en place dans plusieurs de ses toilettes publiques par l’opérateur hollandais 2theloo.

La société néerlandaise 2theloo, présente dans plus de 14 pays d’Europe, à pour ambition d’offre à ses clients, des toilettes et bocs sanitaires accueillants, propres et dotés de nouveaux services. En France cette entreprise s’est implantée notamment au travers de la SNCF bien décidée à revoir l’image plutôt catastrophique de certaines de ses toilettes en gare. Depuis novembre 2014 2theloo a installé son nouveau concept  de blocs sanitaires dans plusieurs grandes gares parisiennes, mais aussi en province (Toulouse, Nantes, Metz, Dijon, Strasbourg…) ayant pour objectif d’être présente dans plus de 70 sites d’ici 2017. En parallèle ce prestataire de service qui facture le passage aux toilettes entre 0,5€ et 1 € a ouvert un certain nombre de « points WC » dans de grands magasins ou centres commerciaux plutôt haut-de-gamme (Beaugrenelle, Galeries Lafayettes, Carrousel du Louvres, Champs-Elysées..), mais aussi dans des lieux publics touristiques jusqu’à présent gérés par la Mairie de Paris. C’est la fin du contrat avec l’entreprise de propreté Stem Propreté, le 30 juin dernier, qui a mis le feux aux poudres et fait sortir de l’ombre plus d’une dizaines de salariées, communément appelées « dames pipi », employées pour certaines depuis plus de 30 ans à l’entretien des toilettes publiques de la Ville de Paris. Comme cela a été le cas pendant plusieurs semaines il y a un peu moins d’un an dans les gares parisiennes, ces salariées, âgées de 45 à 65 ans se sont retrouvées du jour au lendemain sans employeur, la société 2theloo n’appliquant pas l’article 7 prévoyant la reprise du personnel en place. Soutenues par le syndicat FO ces salariés ont occupé, en plein cœur de la saison touristique les toilettes situées au pied de la Butte Montmartre, un haut lieu touristique. La Mairie de Paris dit œuvrer pour la reprise de ces salariés par la société néerlandaise qui ne l’entend pas de cette oreille. Lors des précédents conflits la SNCF avait dû jouer les médiatrices et peser de tout son poids de donneur d’ordres pour permettre la reprise ou le reclassement de ces personnels. Compte tenu des objectifs affichés par l’entreprise de service, qui n’entre pas dans la catégorie des entreprises de propreté, pouvant jouer ainsi sur le vide juridique en matière de reprise du personnel, il y a fort à craindre que ce genre de conflit se renouvelle. Otages de cette situation une dizaine de femmes ne sont plus payées depuis le 10 juillet et doivent attendre désormais le 8 septembre qu’un juge professionnel se penche sur leur sort, les représentants des Prud’hommes n’ayant pas réussi à se mettre d’accord…

 

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