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Accéder aux métiers de la propreté avec 150 mots-clés !


Publié le 12 avr. 2016 18:02:00

 

Le 1er lexique des « mots clés de la propreté » vient de voir le jour, élaboré sous la direction de Virginie André, enseignant-chercheur en sciences du langage à l’Université de Lorraine. Familière des univers professionnels confrontés à « l’insécurité langagière » la chercheuse constate que la maîtrise du français devient de plus incontournable.

Quel est l’objectif de ce lexique destiné aux professionnels de la propreté ?

L’objectif est double, voire triple. Aujourd’hui plus de 30% des salariés de la propreté sont des étrangers, le plus souvent en difficulté et en insécurité par rapport à la langue. De plus, certains natifs ont également des problèmes de maitrise de la langue. Or nous sommes dans un univers qui devient de plus en plus technique et exige une connaissance minimale des principaux termes utilisés, à la fois en termes d’expertise, mais aussi du point de vue de la sécurité au travail. Ce lexique est également destiné aux formateurs techniques, qui ont parfois du mal, face à ce type de public, à décrire simplement et précisément, un produit, un matériel ou une méthode. A cela s’ajoute une dimension de communication. L’agent qui a dans sa poche ce lexique peut échanger plus facilement  avec ses collègues, ses managers, voire même ses clients.

Comment s’est fait le choix de ces 150 termes ?

Un travail important de préparation et de concertation a été fait en amont. Nous avons filmé des situations de travail pour identifier les termes utilisés, consultés des manuels techniques, des magazines, mais également travaillé en direct avec divers publics dans différentes régions pour tester les mots choisis et leur définition. Il était important de croiser les données entre la situation de travail prescrite, et la situation réelle. Par exemple nous n’avons pas utilisé directement le terme « poubelle », mais l’avons relié au mot « conteneur » ou « corbeille ».

Le secteur de la propreté est-il plus touché que d’autres par ce que vous qualifiez «d’insécurité langagière » ?

La situation n’est pas fondamentalement différente de ce que l’on peut rencontrer dans d’autres secteurs sur lesquels j’ai également travaillé comme le BTP ou la restauration. Ce lexique n’est pas un outil de formation, mais un complément aux différents modules de formation. Nous constatons dans la propreté, comme dans les autres univers professionnels, que le langage, écrit notamment, est de plus en plus présent et incontournable dans les situations de travail. Les codes couleurs et les pictogrammes, très utilisés dans la propreté, ne suffisent plus. La mécanisation et les nouvelles exigences de sécurité imposent une maîtrise minimale de la langue.

L’arrivée des nouveaux outils de communication dans l’univers professionnels comme les tablettes ou les smartphones va-t-elle changer l’approche au niveau de la maîtrise de la langue ?

Nous observons que de nouvelles compétences sont demandées dans les formations au travers de ces outils multimédias. Mais dans le même temps, les nouvelles générations, issues ou non de l’immigration, maîtrisent mieux ces technologies. Dans le secteur de la propreté les entreprises recruteront de moins en moins de salariés ne maîtrisant pas la langue. Il convient donc de se concentrer sur les compétences dont le salarié aura réellement besoin en levant au maximum les freins qu’il peut rencontrer dans les situations de travail.

 

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